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La nouvelle, largement rapportée dans les pages de la presse grand public, émane des résultats d'une étude parue dans le Journal of Clinical Oncology : il existerait un lien entre l'usage fréquent de paracétamol et l'apparition de malignités hématologiques, comme le cancer du sang. Ce rapport serait principalement observé chez les patients âgés de plus de cinquante ans consommant du paracétamol quotidiennement. Les autorités n'ont pas tardé à réagir à ce vent de panique et ont aussitôt tenté de relativiser les résultats de cette étude via un communiqué du CBIP. Présence de biais D'après les résultats, les patients ayant consommé fréquemment du para- cétamol (à raison d'au moins 4 jours par semaine pendant au moins 4 ans) présentaient un risque accru de malignités hématologiques, entre autres des leucémies myéloïdes - un risque relatif de 1,84 (intervalle de confiance à 95 % de 1,35 à 2,50). Les auteurs n'ont par contre pas noté de risque accru pour l'acide acétylsalicylique ou pour les AINS. Le CBIP précise également qu'il s'agit bien d'une étude observationnelle qui ne permet pas de se prononcer sur un rapport de causalité entre l'usage de paracétamol et l'apparition de malignités hématologiques. Il faut en effet tenir compte des sources d'erreurs éventuelles. Selon le Centre, les résultats peuvent avoir déjà été biaisés par la manière dont la cohorte a été assemblée : seules les personnes ayant répondu à un questionnaire envoyé par mail ont ainsi été incluses dans l'analyse. Sans oublier cet autre biais hautement probable : les patients cancéreux se souviennent mieux des médicaments qu'ils ont pris ces dernières années que les patients non cancéreux.