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Le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement a récemment mandaté - en toute discrétion - l'Université de Gand de réaliser une étude sur la consom-mation des aliments enrichis en phytostérols et phytostanols dans notre pays. En achetant ces boissons lactées et ces margarines dites 'anti-cholestérol', le consommateur belge a-t-il conscience des recommandations en vigueur et, surtout, les respecte-t-il ? Les résultats permettent sérieusement d'en douter... Effet sur le bêta-carotène Or, la présence de phytostérols et de phytostanols n'est pas toujours souhaitée. " Les stérols et stanols d'origine végétale peuvent avoir un effet négatif sur l'absorption de certains nutriments, notamment du bêta-carotène, une substance importante pour la production de vitamine A dans le corps ", précise Eline Rademakers du SPF Santé publique. " Ils ne sont donc pas recommandés aux personnes qui ne présentent aucun problème de cholestérol. Pour celles qui ont un taux de cholestérol trop élevé, la quantité optimale à ingérer pour obtenir l'effet hypocholestérolémiant est de 1,5 à 2,4 grammes par jour. Dépasser cette quantité peut avoir un effet négatif sur l'absorption du bêta-carotène. En cas de consommation de produits enrichis en phytostérols et phytostanols, l'étiquette mentionne également qu'il est recommandé de manger suffisamment de fruits et légumes. "Efficacité certaine Une chose semble donc claire : les phytostérols et phytostanols sont efficaces pour diminuer le mauvais cholestérol. " A condition d'être consommés de manière correcte et en suivant les recommandations. En outre, il est vivement conseillé aux patients sous traitement hypocholestérolémiant de consulter leur médecin avant d'acheter ce type de margarines et de boissons. Une boîte de margarine 'anticholestérol' ne doit donc pas être consommée par toute la famille. Certainement pas par les enfants, ni les femmes enceintes et allaitantes. "Lecture des étiquettes Ces produits ont-ils donc vraiment leur place dans les rayons des supermarchés ? " Nous ne pouvons pas donner de recommandations à ce niveau ", répond Isabelle Sioen. " Il nous faut suivre les conditions strictes de l'Europe et le règlement de Novo-food ", poursuit Eline Rademakers. " Nous ne pouvons pas être plus sévère que l'Europe. Mais nous voulons appeler tous les professionnels de santé à tenter de sensibiliser leurs patients. Nous comptons également mener une campagne grand public pour informer les citoyens et les convaincre de lire plus attentivement les étiquettes des produits. "