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Si le mortier et le pilon ont considérablement réduit leur activité au fil du temps, les préparations magistrales demeurent néanmoins une tâche cruciale du pharmacien, lui permettant d'adapter le dosage et la forme galénique au profil du patient. Mais leur qualité est-elle toujours au rendez-vous ? Pas vraiment, à en croire l'enquête menée par Test-Achats dans 42 officines du pays - signalons ici que deux d'entre elles ont refusé d'effectuer la préparation (sous prétexte de ne pas disposer des substances nécessaires), renvoyant le patient fictif vers une autre officine. Préparation basique Dix patients fictifs se sont rendus chacun dans quatre pharmacies, munis d'une prescription pour des gélules de dexaméthasone, soit l'une des 5 substances actives les plus couramment utilisées dans les préparations en gélules. Pas donc vraiment de quoi faire office de test piège a priori... Pourtant, d'après les résultats des analyses faites en laboratoire, à peine onze échantillons sur quarante étaient conformes aux normes de la Pharmacopée européenne. Le restant des échantillons présentaient une variation trop importante de la concentration active. En outre, 27 d'entre eux avaient également un écart trop important de la concentration moyenne, tandis que huit gélules affichaient une trop grande variation de poids. Quelque 23 échantillons ne contenaient pas suffisamment de substance active. Certes, mieux vaut trop peu que trop. Mais de là à ce qu'une malheureuse gélule n'en contienne pas le moindre milligramme... Flou artistique de l'étiquetage Plus surprenant encore, le vice de forme au niveau de l'étiquetage. Un seul et unique pharmacien avait en effet clairement repris sur l'emballage toutes les mentions légales requises, à savoir la composition, la date d'expiration et les noms des médecin, pharmacien et patient. La date d'expiration - obligatoire depuis 2009 -, ne figurait que sur 11 étiquettes.