...

Jusqu'il y a peu, la loi canadienne sur la vente des médicaments imposait la même obligation que sa cousine belge : seul un pharmacien présent physiquement avait le droit de délivrer des médicaments soumis à prescription. Mais devant la pénurie de pharmacies dans certaines zones de l'Ontario, le Canada n'a eu d'autres choix que de revoir sa copie. Pour assurer un service minimum aux patients, les autorités ont donc autorisé l'installation de 40 distributeurs automatiques de médicaments.Durant la première phase, ces distributeurs trouveront place uniquement dans les drogueries, les hôpitaux et les centres médicaux. Toutes les machines seront équipées d'un écran vidéo permettant d'établir un contact avec un pharmacien. Ce dernier pourra donc vérifier la prescription, la scanner et donner le feu vert à l'automate. Ces distributeurs pourront délivrer au patient quelque 2.000 produits pharmaceutiques différents. Par mesure de précaution et pour éviter qu'ils ne deviennent la cible des toxicomanes, les appareils ne contiendront par contre pas de narcotiques. Pour ces mêmes raisons, les autorités ont également décidé de placer ces automates à l'intérieur et dans un endroit bien éclairé. Consultations virtuelles La phase de test de ce système a déjà livré des résultats particulièrement encourageants. Si ce succès se confirme à plus long terme, les autorités canadiennes envisageraient même de lancer des consultations médicales via un dispositif audiovisuel comparable. La province ontarienne compte actuellement 3.314 pharmacies, dont 26 directement liées à un hôpital. Sur une surface de près de 34 fois la Belgique, il va de soi que ce nombre est clairement insuffisant pour répondre à la demande des habitants. Un rapide calcul montre en effet que l'Ontario ne dispose actuellement que d'une pharmacie par 324 km2. En extrapolant ce ratio à notre plat pays, cela signifierait que la Belgique devrait se limiter à 100 malheureuses officines... Si l'Ontario doit faire face à un manque important de pharmacies, elle n'est d'ailleurs pas la seule province canadienne dans le cas. La densité d'officines est encore plus faible en Colombie-britannique et en Nunavut, patrie des esquimaux.