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La " European Federation of Pharmaceutical Industries and Associations " (EFPIA) a profité de l'occasion pour réaffirmer son souhait de conclure des partenariats durables avec les autorités européennes et nationales. Le discours de l'EFPIA rejoint ainsi la récente déclaration du Conseil des Ministres européens. " Il y a quelques semaines, le Conseil des Ministres estimait que la politique de santé européenne et les investissements reliés devaient être repensés, en poursuivant comme objectif de mettre sur pied un système de santé moderne et efficace qui offre à tous un accès équitable aux soins ", a déclaré son président Andrew Witty. Un défi certes loin d'être facile à relever en cette période de compressions budgétaires. Ces dernières années, de nombreux pays européens ont déjà pris une série de mesures pour tenter de limiter les dépenses en soins de santé, notamment en renforçant le contrôle des prix. Pour renflouer la caisse européenne, la Hongrie n'a d'ailleurs pas hésité à proposer au Conseil de la Santé de l'UE de promouvoir encore davantage les génériques et d'instaurer des contrôles plus stricts sur les contrats. Tendances Lors de cette grand-messe annuelle, l'EFPIA a également communiqué de nouveaux chiffres sur les activités du secteur pharmaceutique européen en 2010. Les différents acteurs présents sur notre continent ont investi ensemble quelque 27.000 millions d'euros pour la recherche de nouvelles molécules. Le secteur emploie directement 640.000 personnes et, selon les estimations, quatre fois plus de manière indirecte. Les défis ne cessent eux aussi d'augmenter, notamment en raison du renforcement de la réglementation et des mesures fiscales dans la majorité des Etats membres. Circuits parallèles La fragmentation du marché européen des médicaments - chaque Etat disposant de ses lois propres - a ouvert la porte à un circuit parallèle des plus lucratifs. " L'industrie voit donc filer sous son nez des fonds gigantesques (environ 5.200 millions d'euros en 2009) qui auraient pu être investis en recherche et développement. Ce phénomène n'apporte en outre aucun avantage à la sécurité sociale, ni d'ailleurs aux patients. "Les USA au top Au sommet des pays affichant la plus forte croissance, on retrouve sans surprise la Chine, l'Inde et le Brésil. Leur croissance annuelle tourne autour des 20 %, contre seulement 1,8 % du côté des premiers de classe européens. En 2010, les Etats-Unis décrochaient la palme du plus gros acheteur de médicaments (42 % de la vente pharmaceutique totale). L'Europe représente un peu plus d'un quart des ventes mondiales (29 %). Les Américains arrivent également en tête du classement des nouveaux venus : environ un nouveau médicament sur dix (61 %) est lancé sur le marché américain - contre 22 % sur le continent européen. Un long chemin Avant d'être mis sur le marché, un nouveau médicament comptabilise en moyenne de 12 à 13 ans d'études et de tests derrière lui. Le coût d'une innovation atteint en moyenne les 1.059 millions d'euros. Sur 10.000 molécules conçues par un laboratoire de recherche, seules 1 à 2 d'entre elles parviendront à trouver le chemin des officines et des patients. La Belgique dans le Top 5 Notre pays conserve toujours une place de choix dans le classement concernant les investissements du secteur pharma en R&D. En 2009, la Belgique occupait une honorable cinquième place et s'illustrait également au niveau de son employabilité, avec quelque 32.000 emplois pour cette même année. Seules l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Suisse sont parvenues à faire mieux. Selon les derniers chiffres, les médicaments représentent environ 17 % des dépenses totales en santé dans l'UE. Du côté des traitements pour des maladies 'onéreuses' (cancers, arthrite rhumatoïde), les médicaments occupent 10 % du coût total. Maladies chroniques Grand fil rouge de cette réunion annuelle, la problématique des maladies chroniques a fait l'objet de nombreuses interventions. Un marché en croissante constante, puisque premier facteur de mortalité et de morbidité en Europe. A l'heure actuelle, ce groupe de pathologies est en effet responsable de 86 % des décès prématurés dans l'UE. Un chiffre étourdissant qui devrait continuer sa course folle dans les années à venir, et pas seulement en raison du vieillissement de la population, mais aussi à cause de l'augmentation des facteurs de risque comme la consommation d'alcool et de tabac, ou encore l'obésité. " L'espérance de vie des citoyens a doublé en l'espace d'un siècle. Nous sommes le seul animal au monde à y être parvenu ", a expliqué le docteur Mary Baker, membre de l'European Brain Council et responsable du workshop sur les maladies chroniques. " Aujourd'hui, un Européen vit en moyenne 79 ans. Le nombre d'années durant lesquelles il reste en bonne santé n'est 'que' de 61,45 ans - l'une des conséquence de l'augmentation de maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires, les cancers, les diabètes et les affections respiratoires. "Alliance européenne Dix organisations européennes à but non lucratif issues du secteur des soins de santé ont décidé d'unir leurs forces pour former une alliance sans précédent : la " European Chronic Disease Alliance ". Une initiative louable qu'a tenu à soutenir l'UE dans le cadre de la prévention des maladies chroniques. D'après les estimations, un Européen sur trois doit faire face aujourd'hui à une maladie chronique. " La majorité de ces maladies peuvent se traiter à défaut de se guérir, ce qui représente un coût énorme pour la sécurité sociale ", a commenté Susanne Longstrup, membre de la nouvelle alliance. " La bonne nouvelle reste que beaucoup de ces maladies peuvent être tout à fait être prévenues par une adaptation du mode de vie. Ce qui demande un fort engagement au niveau préventif. Actuellement, on dépense 97 % de notre budget santé aux traitements contre les maladies, et seulement 3 % aux messages de prévention. " LAlliance a dressé une liste de recommandations concrètes pour l'encadrement de la surconsommation d'alcool et de tabac, l'amélioration des habitudes alimentaires et l'incitation à faire du sport dès le plus jeune âge. Le suivi thérapeutique L'étude menée par la Banque mondiale indique qu'en marge de la prévention, un usage correct des médicaments et un bon suivi thérapeutique apportent également des avantages substantiels à la santé publique. Les exemples chiffrés (Hudson Institute, janvier 2011) parlent d'eux-mêmes : les patients diabétiques qui suivent scrupuleusement leur traitement économisent chaque année pas moins de 4.413 dollars ; quant aux patients bons élèves atteints d'insuffisance cardiaque, ils voient leur addition diminuer de quelque 7.823 dollars, sans compter l'économie des frais d'hospitalisation et du coût répercuté sur le budget des services d'urgences.