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Cette pratique courante de fractionner les comprimés médicamenteux et son impact au niveau de la dose ont suscité la curiosité d'une équipe de chercheurs de la Faculté des Sciences pharmaceutiques de l'UGent. Et d'après leurs résultats, un demi-comprimé ne serait pas toujours synonyme d'une demi-dose. Un tiers des comprimés fractionnés présentaient ainsi un écart de 15 % (en plus ou en moins) par rapport à la dose standard. Or, cette différence de dosage est loin d'être insignifiante. Certains médicaments présentent en effet une frontière très mince entre la dose thérapeutique et la dose toxique. Ligne sécable Les cinq chercheurs belges ont testé les trois grands outils utilisés pour fractionner (soit un appareil spécifique, une paire de ciseaux et un couteau de cuisine) en prenant chacun huit comprimés de différentes tailles, qui présentaient ou non une ligne sécable. Des médicaments indiqués pour la maladie de Parkinson, l'arthrite, la thrombose et les troubles cardiaques. Après cette opération, chaque médicament était ensuite pesé et analysé pour être comparé avec les résultats standards. Les écarts relevés tenaient parfois de différences négligeables, mais pouvaient grimper jusqu'à 15 % pour un tiers d'entre eux et même à plus de 25 % pour 14 % des échantillons testés. Appareil Quant aux outils utilisés, l'appareil destiné à cet effet a sans surprise donné les meilleurs résultats, suivi loin derrière par le couteau de cuisine et, bonne dernière, la paire de ciseaux. Certains médicaments étaient aussi plus faciles à fractionner que d'autres. Les chercheurs n'en concluent pas pour autant que cette pratique doit être condamnée, à condition d'utiliser l'appareil adéquat. Ils recommandent également de bien former le personnel des grandes institutions (comme les maisons de repos) et de les sensibiliser aux dommages collatéraux éventuels de ce fractionnement. Idéalement, les médicaments devraient bien sûr pouvoir être disponibles en différentes doses ou être proposés sous forme liquide. u