Homéopathie : utile ou pas ?

26/11/18 à 00:00 - Mise à jour à 28/11/18 à 11:15

Je nous vois encore, à quatre autour de la table, en train de débattre de la question à dix millions : était-il opportun de publier chaque mois dans ce magazine une page thématique consacrée à l'homéopathie

Homéopathie : utile ou pas ?

© Canary Pete

Les avis étaient partagés, mais certains pharmaciens laissaient entendre qu'ils auraient apprécié l'initiative, étant régulièrement confrontés à des patients réticents à utiliser des remèdes " chimiques " pour soulager leur problème. C'est ainsi que nous avons tranché : après tout, nos lecteurs n'avaient-ils pas aussi une fonction de conseil ? Le pharmacien sait en effet mieux que quiconque quand le recours à la médecine conventionnelle est indispensable. C'est donc à lui qu'il revient, dans ce cas de figure, d'adresser le malade à l'intervenant le plus approprié. Onze ans plus tard, nous ne pouvons que constater que nos lecteurs continuent à apprécier ce choix.

La Mutualité Chrétienne flamande a décidé de ne plus rembourser l'homéopathie dans le cadre de son assurance complémentaire à partir du 1er janvier 2019 - un exemple que les autres organismes assureurs feraient bien de suivre, estime notre ministre de la Santé Maggie De Block. Rappelons au passage que, en vertu d'un accord conclu il y a deux ans entre les mutuelles et le gouvernement, cette assurance complémentaire ne devrait en principe plus rembourser que des prestations présentant une utilité médicale.

Avant de poursuivre, je tiens à souligner que je ne détiens d'actions d'aucune firme produisant des médicaments, qu'ils soient homéopathiques ou autres. Je n'ai donc aucun intérêt personnel dans l'affaire et ce que je m'apprête à dire relève du simple bon sens. Suis-je convaincue des vertus curatives de l'homéopathie ? Non. Suis-je convaincue qu'elle a un effet ? Absolument ! Même sans " croire " à l'efficacité de ces médicaments, nul ne peut en effet nier la réalité de l'effet placebo - que ce soit, du reste, pour l'homéopathie ou pour un produit comme le paracétamol. Et pas plus tard que l'année dernière, Cochrane parvenait à la conclusion que le paracétamol n'a absolument aucun effet sur les maux de dos aigus ou chroniques. Certes, il n'est pas remboursé non plus, mais nous savons tous qu'il n'est par ailleurs pas sans danger, au contraire de l'homéopathie.

La grande force de l'homéopathie réside dans l'écoute prolongée du patient, et dans le fait qu'il n'est pas traité comme un simple symptôme, mais comme une personne affligée d'un symptôme. Maggie De Block veut réduire la consommation de médicaments... et elle a raison ! Que chaque médecin consacre autant de temps à chaque patient qu'un homéopathe, et je suis certaine que la consommation de bien des produits courants va s'effondrer. Mais, par pitié, veillez à ce que les traitements homéopathiques soient prescrits par un médecin et délivrés par un pharmacien - par des professionnels de la santé correctement formés qui savent quand une maladie nécessite un remède plus puissant qu'un placebo et du temps. Et si la ministre estime que seules les prestations avec une utilité médicale établie devraient être remboursées, quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi il a fallu plus d'un quart de siècle de discussions pour que la consultation d'un psychologue soit enfin prise en charge mais aussi pourquoi ce remboursement ne vaut que pour les quatre premières séances, alors que les consultations d'un psychiatre prescripteur de médicaments sont couvertes de façon illimitée ?

Qui prend une assurance complémentaire est en droit d'attendre des services supplémentaires et, au final, ce sera au patient de faire son choix. Entre-temps, je vais aller réfléchir à tout ceci le temps d'un massage... à prix réduit, grâce à la ristourne que me vaut mon affiliation à la MC. Est-il besoin d'en dire plus ?

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