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L'objectif visant à éradiquer la tuberculose d'ici 2035 semble difficilement réalisable quand on examine de plus près de nouveaux chiffres relayés par nos confrères du Soir. Pour arriver à se débarrasser une fois pour toutes de cette maladie infectieuse la plus meurtrière au monde après le virus du sida, l'OMS avait fixé à la Belgique comme objectif de réduire les cas de tuberculose de 20% par an. Mais les programmes de dépistage et de traitement ne parviennent pas atteindre ces objectifs qui montrent des résultats bien inférieurs. En 2013, 981 nouveaux cas ont été détectés en Belgique. Ces chiffres correspondent à une incidence de presque 9 cas sur 100.000 personnes. Une très lente régression a été constatée chez les Belges. Mais les non-Belges, eux, représentent 52% des cas de tuberculose et leur incidence est presque cinq fois plus élevée avec 43 cas sur 100.000 personnes. Autre constat : la répartition géographique inégale des contaminés. Ce sont dans les 7 plus grandes villes du pays que la maladie fait le plus de ravages. "Cela s'explique parce que paupérisation et tuberculose sont intimement liées", selon les experts du Fares, qui produit un registre de la tuberculose. Les incidences les plus importantes ont été observées à Bruxelles (avec une incidence de 26 personnes sur 100.000), à Liège (21,9), à Anvers (18,5) et à Charleroi (15,2). La stagnation de la maladie s'explique en partie par le taux d'abandon des traitements qui atteint 20% à Bruxelles, et ça malgré la gratuité des soins en Belgique. Ce risque d'abandon est encore plus grand chez les tuberculeux les plus vulnérables comme les sans-abri, les prisonniers ou encore les demandeurs d'asile.