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La précarité menstruelle semble être prise en compte petit à petit en Europe. Après l'Ecosse qui a voté en février dernier la gratuité des protections hygiéniques pour toutes, la France lui emboîte le pas. À l'occasion de la journée mondiale de l'hygiène menstruelle, le 28 mai, le Huffington Post a publié une tribune, signée par quatre secrétaires d'Etat, annonçant le lancement d'une expérimentation de mise à disposition de protections hygiéniques gratuites, qui concernera dans un premier temps, des collégiennes, lycéennes et étudiantes, et des femmes détenues, précaires et sans-abri. Ce projet, doté de 1 million d'euros, démarrera dès le mois de septembre 2020. Ces protections seront distribuées via des maraudes, elles seront également mises à disposition dans les épiceries sociales, les accueils de jour, les foyers, les centres d'hébergement, les établissements d'incarcération, mais aussi les établissements du second degré et les universités. En France, 130.000 jeunes femmes manquent l'école chaque année parce qu'elles n'ont pas accès à des protections hygiéniques pendant leurs règles. C'est pourquoi, en septembre dernier, certaines universités françaises avaient déjà mis en place des distributeurs de protections périodiques afin de lutter contre cette précarité menstruelle.Selon une enquête de l'IFOP, 8% des femmes déclarent ne pas toujours disposer de suffisamment de protections hygiéniques par manque d'argent. En conséquence, 7% utilisent du papier toilette ou autre chose à la place et 10% renoncent à changer de protection aussi souvent que nécessaire.En Belgique, le collectif Belges et Culottées -qui avait milité et obtenu en décembre 2017, la baisse de la TVA de 21% à 6% sur les produits menstruels- estime que la gratuité de ces protections permettrait une économie de 1500 à 2000€ dans la vie d'une femme.