...

L'unité 'ICT for Health' au sein de la direction générale de la Société de l'Information et des Médias a calculé que rien que le contrôle à distance des patients souffrant du c£ur pourrait créer un marché de 2 milliards d'euros au sein de l'Europe. " Aujourd'hui, on n'en est cependant qu'à 100 - 150 millions d'euros pour toutes les applications e-health ", ajoute Ilias Iakovidis. " Il existe un gigantesque écart entre ce qui est possible et ce qui est réalisé aujourd'hui. " Le chef de département n'attribue pas cet 'échec du marché' aux acteurs industriels ou aux fournisseurs télécoms, mais en premier lieu, aux autorités. " Des barrières sont régulièrement dressées du côté législatif, du côté de l'actionnariat et de celui des organes de réglementation. Il y a aussi une rotation continuelle au sein des pouvoirs publics, ce qui représente un obstacle à la continuité et qui rend toute vision à long terme impossible. "Portée plus large Lors du récent e-Health Congres organisé à Bruxelles, le Grec a présenté quelques moyens destinés à stimuler l'e-health : " Une piste intéressante est d'amplifier les problèmes qui se posent, tant au niveau local qu'européen. Si vous ne parvenez pas à résoudre les problèmes d'interopérabilité dans les cliniques flamandes, faites-en une question belge. La 'dissection' des problèmes n'a pas de sens, lorsqu'on fait de la politique. La télémédecine est tellement importante et vaste qu'on ne peut confier ce sujet à un seul ministère ou à un seul département. Dans la plupart des cas, le ministre de la santé est trop faible. L'e-health devrait tout autant être à l'agenda du ministre des Finances et du ministre de la Justice. "Sunshine disinfects Le deuxième principe qui tient à c£ur au chef de département est assez controversé, surtout en Belgique : Sunshine disinfects. " Qu'est-ce que cela signifie ? Que - quand vous rendez les données publiques et quand vous êtes ouvert et transparent en tant qu'institution - les malentendus, les maladies chroniques et les diagnostics erronés disparaissent comme neige au soleil. En Allemagne, les hôpitaux doivent à présent déjà faire connaître toute une série de résultats issus d'examens de leurs patients. Dans quelques autres pays, il y a aujourd'hui des informations disponibles sur les prestations des institutions de soins. Il s'agissait ici d'être très prudent, parce que les hôpitaux mal notés risquaient la faillite et que des ghettos d'institutions de soins pouvaient naître. Mais que s'est-il passé ? Les hôpitaux qui ont obtenu de mauvais points, ont arrêté de s'illusionner et ont changé de tactique. Et ceux qui ont obtenu de bons scores, se sont imposé le devoir moral de faire encore mieux. Toutes les organisations sont finalement devenues meilleures et plus efficientes. 'Sunshine disinfects'. Arrêtez de craindre les informations relatives à ce que vous faites bien et moins bien. Une fois que les données sur les hôpitaux seront rendues publiques, cela pourra déboucher sur un débat de fond. Dans un stade ultérieur, c'est une saine concurrence qui pourra s'installer. "