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La situation est presque anodine : une infirmière, un kiné, un médecin ou une secrétaire travaillant dans un grand hôpital est soudainement pris d'un violent maux de tête. Ni une, ni deux, le paracétamol apparait aussitôt comme la bouée de sauvetage permettant d'éviter de prendre congé de son service et de renvoyer le patient chez lui. Entouré de milliers de comprimés de paracétamol - en vente libre sur le marché -, ce malheureux travailleur devra pourtant faire appel à la providence, en puisant dans son propre stock de paracétamol ou dans la collection privée de l'un de ses collègues ou en croisant les doigts pour que son employeur dispose d'une boîte de médicaments réservée au personnel. Faute de quoi il n'aura d'autre choix que de quitter l'hôpital pour se rendre dans l'officine publique la plus proche... Absurde Une situation tout bonnement absurde pour Louis Ide (N-VA). " Quand un prestataire de soins tombe malade, il peut faire appel aux services de médecine du travail. Mais il est insensé qu'un prestataire de soins souffrant de maux de tête soit contraint de frapper à leur porte ! Surtout quand il s'agit d'une douleur aussi banale qui peut être traitée à la maison avec un simple produit OTC. Il serait bien plus logique que la direction d'un hôpital mette à disposition de ses prestataires de soins une série de médicaments en vente libre, comme le paracétamol, issus de sa pharmacie hospitalière ", estime le sénateur. Réponse claire Erreur. La réponse de la ministre Onkelinx a coupé court à tout malentendu. " L'employé peut utiliser les médicaments qu'il a lui-même apportés ou les produits en vente libre que son employeur met éventuellement à sa disposition ". Avec cette précision importante que l'hôpital - dans ce cas - qui met des produits OTC à disposition de son personnel doit pouvoir prouver que ces derniers ont été achetés dans une officine publique. Rectification Même demander un comprimé au pharmacien hospitalier est interdit, parce qu'il ne peut rien délivrer à des patients non-inscrits, même des produits OTC. La ministre de la Santé publique va plus loin en ajoutant que le pharmacien hospitalier n'est autorisé à délivrer des médicaments que pour répondre aux besoins des personnes prises en charge dans l'établissement de soins, en vue d'un traitement ou d'un examen, et à condition que ces médicaments soient consommés au sein de l'hôpital.