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En 2010, la France se félicitait d'avoir économisé quelque 1,3 milliards d'euros grâce à la percée foudroyante des médicaments génériques. Alors qu'en 2004 le taux de génériques n'était que de 45 %, six ans plus tard, il a pratiquement atteint la barre des 80 %. Un bulletin de premier de classe qui cache néanmoins d'autres réalités moins flatteuses. Selon une étude menée par l'Assurance maladie dans 7 pays européens (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et France), la France arrive en deuxième position dans le classement des prix des génériques, ex-aequo avec l'Italie et derrière la Suisse. Des écarts de prix importants Les écarts de prix avec les pays pratiquant une politique de prix bas pour les génériques sont parfois considérables. Alors que le prix moyen par unité d'un générique est de 5 centimes aux Pays-Bas, 7 centimes au Royaume-Uni et 12 centimes en Allemagne, il est de 15 centimes en France. Or, en abaissant le prix moyen par unité en France de seulement 1 centime, l'Assurance maladie pourrait économiser pas moins de 130 millions d'euros supplémentaires par an. En s'alignant sur le prix moyen du Royaume-Uni, les économies atteindraient même jusqu'à 1 milliard d'euros.... Des politiques de régulation différentes Selon les experts de l'Assurance maladie, ces écarts s'expliquent principalement par les différences de politiques de régulation des prix des génériques des pays européens étudiés : alors qu'en France - comme chez nous -, le prix du générique est fixé en fonction du prix du médicament de marque, dans d'autres pays, le prix résulte d'une mise en concurrence des industriels par les pharmaciens (Royaume-Uni) ou les caisses d'assurance maladie elles-mêmes (Pays-Bas et Allemagne), avec forcément, des prix moins élevés. Autre explication avancée par la Sécu : plusieurs pays européens fixent des prix particulièrement bas pour les génériques les plus consommés et très élevés pour les médicaments princeps. En France, cette différence de prix entre princeps et générique est bien moins importante. L'Assurance maladie plaide donc pour changer son modèle de fixation de prix et de se tourner vers une stratégie de prix comparable aux autres pays européens.