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Mis sous pression par l'épée de Damoclès budgétaire planant au-dessus de leur trésorerie, l'Assemblée nationale et le Sénat semblent avoir du mal à accorder leurs violons sur le projet de loi réformant la sécurité sociale de l'Hexagone. Après les nombreux amendements apportés par le Sénat au texte original - en raison principalement de son basculement à gauche -, la balle est à nouveau dans le camp de l'Assemblée. L'honoraire rétabli de justesse Ce bras de fer musclé entre les deux instances officielles a d'ailleurs valu aux pharmaciens français quelques sérieuses sueurs froides. Ils sont en effet passés à deux doigts de voir filer devant leurs yeux l'article 39 portant sur le nouveau système de rémunération calqué sur notre modèle belge. Supprimé par le Sénat, le nouvel honoraire a finalement resurgi des eaux grâce à un amendement déposé par un député en Commission des Affaires sociales. Le principal cheval de bataille des pharmaciens figure désormais à nouveau dans le PLFSS. Sans nouvelles embûches sur sa route, ce Plan devrait donc enfin être promulgué par le gouvernement de François Fillon en ce début décembre. Nouvelle marge pour les grossistes Du côté des grossistes-répartiteurs, l'ambiance n'est guère plus folichonne. Les modifications apportées à leur marge ont été qualifiées " d'occasion manquée " par la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP). Entrant en vigueur le 1erjanvier 2012, cette nouvelle marge va certes permettre de " limiter la casse " selon la CSRP, mais les nouvelles taxes inscrites dans le PLFSS 2012 vont en " gommer tous les effets positifs ". Au total, la CSRP estime que les nouvelles mesures vont faire perdre 40 millions d'euros aux grossistes-répartiteurs, voire même 60 millions d'ici à fin 2012. Cette nouvelle marge est également accueillie plus que fébrilement dans les rangs des syndicats de pharmaciens. D'après leurs estimations, ce changement de calcul entrainerait 25 millions d'euros de perte de marge pour le pharmacien sur les boîtes de génériques, rien que pour 2012. Les syndicats appellent donc les pharmaciens à faire preuve de la plus grande vigilance quant aux conditions commerciales proposées par les grossistes. Certains d'entre eux n'hésitent en effet pas à facturer des frais de livraison aux pharmaciens dans le cadre d'un approvisionnement normal de l'officine. Or, cette facturation n'est pas conforme à l'arrêté de la marge des grossistes. Les pharmaciens 'trompés' peuvent donc réclamer d'être remboursés de ces frais injustifiés.