Le ministre avait alors évincé la question et affirmé que le système, tel qu'il était organisé, fonctionnait parfaitement. En Flandre, on continue d'envoyer les tests. En Wallonie, on suit une politique à deux volets : soit le test est envoyé, soit le citoyen est encouragé à se rendre chez son médecin pour réaliser le test. Vous imaginez le nombre peu élevé de citoyens qui s'y rendent spontanément et payent une consultation pour dépister une maladie qu'ils n'ont probablement pas.

Pourtant, le dépistage a montré son utilité. Si le cancer colorectal est découvert à un stade précoce et qu'il est traité, les chances de survie sont d'environ 95 %. En dépistant assez tôt le cancer du côlon, il est possible de réduire le nombre de décès de 20 % et ce n'est là qu'une estimation prudente. Le traitement est aussi moins lourd et donc moins coûteux pour la société.

Le nombre de personnes qui se font dépister augmente d'année en année, sauf à Bruxelles

Le nombre de personnes qui se font dépister augmente d'année en année, sauf à Bruxelles où à peine 10 % du groupe-cible participent au dépistage. Voilà pourquoi il a été décidé de ne plus envoyer les citoyens bruxellois chez leur médecin mais de mettre le test gratuitement à disposition chez le pharmacien. Ce dernier peut alors leur expliquer comment le réaliser, ce qui les rassure puisqu'ils pensent que le dépistage est complexe, douloureux ou compliqué à réaliser. Quand on sait qu'un tiers des Bruxellois n'a pas de médecin traitant, on peut mieux s'imaginer le rôle crucial du pharmacien.

C'est la première fois que le pharmacien reçoit une tâche préventive et concrète de façon aussi ostentatoire. Il remet le test et explique comment l'utiliser, et le médecin assure le suivi si le test s'avère positif.

Si cette primeur n'en est pas vraiment une, il y en a une autre avec la collaboration sans faille entre la Cocof, la Cocom et la Communauté flamande (qui cofinance le projet). On en deviendrait optimiste pour moins que ça...