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Ieo Neels, patron de pharma.be, étaie cette inquiétude par des chiffres moroses. " Le secteur compte en Belgique 1,4 % d'emplois en moins qu'en 2009, les investissements dans la recherche fondamentale sur les médicaments ont enregistré une baisse d'un peu plus de 100 millions d'euros, et le nombre d'études cliniques a diminué de 17 % par rapport à 2008. " Si les directions des firmes établies sur notre sol " s'investissent sans relâche " dans leur mission sociétale (qui s'illustre e.a. via l'investissement dans la R&D, l'emploi, l'interaction permanente avec le corps médical et les universités, et l'impact sur la durée et la qualité de vie des patients), elles éprouvent pour ce faire " de plus en plus de difficultés ", souligne pharma.be. L'association rappelle également que, " depuis 2005, les économies imposées au secteur sont disproportionnées et systématiques ", que la croissance autorisée du budget médicaments " n'est que de 1/20e de la croissance autorisée du budget pour les prestations de soins de santé " et que l'on oublie trop vite que le pharma " est le seul secteur des soins de santé à créer chaque année et de manière structurelle une marge budgétaire ". " Cela conduit à une marge pour le budget 2012 de près de 505 millions d'euros, soit 12,5 % du budget des médicaments ", lit-on dans la lettre à Elio Di Rupo. L'industrie se déclare donc prête " à jouer un rôle de partenaire à part entière " dans la santé, dans une logique d'équilibre budgétaire, mais réclame que les économies " reposent sur une concertation constructive " et " ne soient pas disproportionnées par rapport à la part que le secteur prend dans l'assurance maladie, ni néfastes à la R&D de médicaments innovants ". Et pour être impliquée comme partenaire à part entière, elle demande " d'être désormais reprise activement dans le processus décisionnel ".