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Et puis, au milieu de cette réflexion estivale, j'ai vu l'avertissement de l'Ordre des Pharmaciens. Qui explique clairement que l'Institut de Santé publique a pour projet de poursuivre tout pharmacien qui se rend coupable d'effectuer " un exercice illégal de l'art médical ". Et non, cela ne concerne pas que la pose d'un diagnostic et l'élaboration d'une thérapie ou l'administration de médicaments par intraveineuse, car ce genre de limites, ça je les comprends encore bien. Cela concerne également les piqûres au doigt pour les patients diabétiques. Le pharmacien peut observer, mais ne peut pas utiliser lui-même l'instrument. Vous savez très bien, chers lecteurs, que je ne suis pas pharmacienne. Je suis une citoyenne naïve (?) qui a un grand intérêt pour tout ce qui a attrait aux médicaments et la médecine. Laissez-moi donc vous dire que je n'y comprends rien. J'ai lu deux fois cet avertissement et je me suis demandée dans quel monde je vivais avec des recommandations si éloignées de la réalité. Un citoyen peut prendre la mesure de ses paramètres sanguins alors qu'il a encore les mains pleines d'eau de vaisselle ou - pourquoi pas - juste après avoir pris en main le chiffon pour nettoyer ses toilettes. Mais quand on parle de quelque chose qui pourrait se passer dans une pharmacie, on se réfère à une mesure qui "pour des raisons d'hygiène doit être effectuée dans un environnement hospitalier. " Quel message veut-on maintenant faire passer au pharmacien ? Qu'il doit rester spectateur derrière son comptoir, tout en disant au patient ce qu'il doit faire ? Qu'il ne peut littéralement pas prendre ce patient, souvent anxieux face à l'inconnu, par la main et lui montrer in vivo comment il doit lui-même piquer (avec toutes les mesures d'hygiène que cela implique !) ? Le pharmacien est une figure-clé dans les soins du patient diabétique. Toutefois, il doit lui apprendre à nager tout en restant au sec. Je l'entends déjà dire : "Toutes mes excuses, mais je ne peux pas le réaliser moi-même. Pour cela, vous devez être dans un environnement hospitalier. Puis-je vous recommander le service d'urgence ? " Ils en riront sûrement... Et oui, on encourage le pharmacien à introduire des autotests dans sa pharmacie : mesure de la tension artérielle, pèse-personne,... Du moment qu'il reste un observateur passif, tout va bien. À une époque où chaque patient peut sans problème acheter toutes sortes d'autotests (peu fiable) sur Internet, on refuse l'expertise d'un maître. Et qu'allons-nous donc pouvoir faire dans le futur si les soins sont encore plus spécialisés ? Lorsque certains médicaments seront liés à certains génotypes, simplement déterminés par le biais d'une piqûre au doigt ? Permettez-moi, chers lecteurs, de ne rien comprendre. Mais bon, je ne suis pas pharmacienne... Peut-être ai-je besoin d'explications de la part d'un expert... un expert en psychopharmacologie par exemple.