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Aux Pays-Bas, certains hôpitaux refusent déjà les patients qui ne disposent pas d'une liste de médicaments. Chez nous, nous n'en sommes pas encore là, même si un rapport du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) reconnait clairement l'existence de cette problématique. E-Health devrait permettre de résoudre en partie ce problème, mais du côté d'Anvers, on ne voulait pas perdre une minute. Ensemble, hôpitaux, médecins et pharmaciens ont donc décidé de lancer un projet-pilote qui, en cas de succès, pourrait être appliqué dans le reste du pays. Deux projets conjoints En réalité, l'initiative anversoise englobe deux projets menés de front, mais devant déboucher sur une approche commune : le projet KLINA d'une part ; le projet GZA sur la médication à domicile après hospitalisation d'autre part. Simple et facile L'idée est certes simple et évidente, mais pas si aisée à appliquer sur le terrain. Le transfert de données sur la médication permet de renforcer la sécurité et de garantir une meilleure continuité dans le suivi thérapeutique. Le patient, le médecin, le pharmacien, le spécialiste, les infirmières et le pharmacien hospitalier forment une chaîne dont chaque maillon doit s'imbriquer parfaitement l'un dans l'autre. Dossier médical de sortie " Quand le patient sort de l'hôpital, on rencontre un nouveau problème. Le patient emporte bien sa prescription, mais pas son dossier médical de sortie. Pour le pharmacien, cela reste donc très difficile de délivrer les médicaments adaptés. Il peut bien sûr appeler le médecin, mais la sortie de l'hôpital se fait souvent le vendredi et il n'est pas toujours possible de joindre les responsables ", expose Wim Aerts, responsable du projet KLINA. " Nous demandons donc aussi au pharmacien hospitalier de rédiger une liste de médicaments et de la donner au patient en lui demandant de la remettre à son médecin et à son pharmacien. Lors d'une sortie, le pharmacien hospitalier ne doit pas nécessairement suivre le formulaire, mais bien examiner la liste de médicaments pris par le patient avant son hospitalisation afin de choisir de préférence des médicaments auxquels il est déjà habitué. "Une limite souhaitée Le fait de limiter ce projet-pilote à certains services est une bonne chose. " Ce ne sont pas les services les plus faciles parce qu'ils concernent souvent des patients polymédiqués ", explique le président de KAVA. " Nous voulons aussi trouver un mode d'action uniformisé afin que chacun puisse l'appliquer selon un même canevas. Les pharmaciens participants reçoivent également un formulaire d'évaluation sur lequel ils peuvent indiquer - de manière anonyme - les problèmes qu'ils ont rencontrés, le temps qu'ils ont consacré à la tenue de cette liste de médicaments, ainsi que les éventuels couacs. Cela nous permettra de faire un premier bilan dès cet automne et de corriger le tir. "