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Les réponses sont pour le moins interpellantes pour les producteurs de médicaments, originaux comme génériques. Les conclusions de l'enquête font en ce moment l'objet d'une action large via la RTBf et Le Soir. Les deux coupoles - pharma.be et Febelgen - réagissent.Il ressort du sondage de la MS réalisé par internet auprès d'un échantillon de 1.000 personnes ainsi qu'auprès de 120 MG et 120 pharmaciens que l'industrie pharmaceutique a, auprès des prestataires, une image qui manque de transparence. 21% des MG (contre 28% qui pensent le contraire) s'estiment " trop influencés par les firmes " et 18% (contre 36%) estiment " qu'on respecte vraiment leur indépendance " A noter que dans les deux cas, nombreux sont sans opinions. La moitié des sondés estiment que le médicament est devenu " un produit de consommation courante ". 59% des MG, 78% des pharmaciens mais aussi 59% des patients sont convaincus que le conditionnement des médicaments est souvent vraiment inadapté à la durée du traitement, les boîtes sont trop grandes et contiennent trop de doses ; bref : il y a du gaspillage. 67% des patients, 70% des MG et 36% des pharmaciens estiment qu'on fait " un usage excessif du médicament dans notre société ". Ils sont aussi, respectivement, 47%, 51% et 59% à penser qu'on " privilégie le curatif au détriment de la prévention dans notre société ". Même situation sur la question de savoir s'il y a sur-prescription : une majorité de MG (56%) sont dans l'indécision mais un tiers répond clairement par l'affirmative, en phase d'ailleurs avec leurs patients. La moitié des MG et 41% des patients sont persuadés que les patients poussent à prescrire. De même, les deux-tiers des MG estiment que la prescription de médicaments répond à une certaine immédiateté parfois lié à la nécessité d'un retour pressant au travail. La peur du licenciement joue un rôle : les MG sont 46% à le signaler. 32% des Belges se sentent très stressés, ceci explique cela. Génériques : Les MG plutôt mitigés, les patients ouverts Selon le même sondage, les généralistes sont circonspects à propos des génériques, au contraire de leurs patients, plus enthousiastes. Seuls 27% des MG sont persuadés qu'il n'y a " vraiment pas de différence d'efficacité thérapeutique entre un médicament original et son générique ", tandis que 34% des pharmaciens et 56% des patients en sont convaincus. Respectivement 29, 49 et 59% sont convaincus que les génériques " sont aussi sûrs que les originaux ".Les MG sont tout aussi réticents face à la DCI, 48% doutant de l'indépendance des pharmaciens à choisir le médicament le moins cher, indépendamment des marges bénéficiaires. Ils sont même un quart à douter de la compétence du pharmacien et un autre quart à ne pas en douter. Pourtant, les MG admettent (à 57%) que leurs patients ne sont pas réticents lorsqu'ils prescrivent en DCI. 55% des patients ont d'ailleurs " vraiment confiance " dans ce type de prescription. Réactions des industriels Le premier à réagir est Joris Van Assche, managing director de FeBelGen. FeBelGen est conscient qu'une certaine méfiance subsiste auprès des médecins traitants à l'encontre du médicament générique. L'organisation qui représente les intérêts des génériqueurs en Belgique signale pourtant " une étude très élaborée émanant de l'Ordre français des pharmaciens à propos des génériques. Elle arrive à la conclusion que les autorités de contrôle estiment que le taux de qualité des médicaments génériques est du même niveau que celui des médicaments de marque ". Dans ce contexte, FeBelGen croit savoir que le doute persistant sur la qualité des génériques a pour origine " la persistance d'informations erronées véhiculées contre eux ". L'organisation réfère également aux conclusions publiées en 2010 et donc toujours actuelles du Sector Inquiry de la Commission européenne. Celle-ci " a dénoncé certaines campagnes de désinformation, atteignant parfois même les milieux académiques ". C'est pourquoi la fédération propose qu'on exécute la décision du gouvernement sortant de lancer une campagne, jusqu'ici laissée lettre morte, qui informe prestataires et patients sur la qualité des génériques. Pharma.be a réagi par communiqué. La coupole de l'industrie pharmaceutique rappelle que " le médicament est un produit extrêmement réglementé. L'EMA (European Medicines Agency) et l'AFMPS (Agence fédérale du médicament et des produits de santé) contrôlent l'efficacité et la sécurité de chaque médicament et décident si oui ou non un médicament peut être délivré sur le marché en Belgique. Ce n'est que quand l'AMM (autorisation de mise sur le marché) est octroyée qu'un médicament peut être mis à la disposition du patient. " Les instances susdites " ont le pouvoir de limiter l'utilisation d'un médicament, voire même de le retirer du marché et d'en interdire la commercialisation ". Parallèlement, Pharma.be reconnaît que les médicaments ne sont pas des produits ordinaires et que l'industrie a la responsabilité d'informer médecins, patients et pharmaciens sur leur qualité. Existent pour ce faire le site www.e-notice.be et www.bonusage.be. Finis les cadeaux En outre, pharma.be a renforcé son code de déontologie. " Une première modification, qui entre en vigueur le 29 septembre prochain, interdit - pour les médicaments soumis à prescription - aux représentants de l'industrie d'offrir aux professionnels de la santé des objets gratuits même s'ils sont de faible valeur tels qu'un bloc-notes, un stylo, des gants, des mouchoirs ou encore des post-its ". Une deuxième modificationdu du code de déontologie entrée en vigueur le 29 mars 2014 porte sur " l'établissement de montants maximums pour les repas et boissons offerts à des professionnels du secteur de la santé lors de manifestations scientifiques ". Catherine Rutten, CEO pharma.be, conclut : " pharma.be s'engage dans une approche résolument holistique qui valorise une meilleure qualité des soins, au-delà de la mise à disposition de médicaments, et rappelle sa confiance dans le rôle indispensable joué par les médecins et les pharmaciens afin que le patient obtienne les conseils et/ou les traitements les plus appropriés. "