Dans le cadre de Microbes4U, l'équipe du Pr Patrice Cani (chercheur FNRS/Welbio, Louvain Drug Research Institute, UCLouvain) a conduit, en collaboration avec les Cliniques universitaires Saint-Luc, la première étude de supplémentation avec A. muciniphila chez 45 volontaires (18-70 ans), en surpoids ou obèses (BMI⩾25), présentant 3 ou plusieurs facteurs associés au syndrome métabolique et en risque de pré-diabète de type 2 (sensibilité à l'insuline ⩽75%). Ils ont été répartis en 3 groupes (placebo, bactérie vivante, bactérie pasteurisée) et devaient prendre Akkermansia sous forme de complément nutritionnel, tous les jours pendant 3 mois. La bactérie s'est montrée sûre et bien tolérée.

"Les tests chez l'humain confirment ce qui avait déjà été observé chez la souris, précise-t-il. L'ingestion de la bactérie pasteurisée empêche la détérioration de l'état de santé des sujets (pré-diabète, risques cardio-vasculaires): elle limite l'augmentation de la résistance à l'insuline (-30%), de l'insulinémie (-34%), du cholestérol total (-8,6%) et la tendance est similaire pour le cholestérol LDL et les triglycérides"

Elle entraîne aussi une baisse des marqueurs d'inflammation du foie (GGT/AST) (-20% à -25%), une légère diminution du poids corporel (-2,3 kg en moyenne), du tour de hanche (-2,63 cm) et du tour de taille (-1,56 cm). A l'inverse, les paramètres métaboliques (résistance à l'insuline ou hypercholestérolémie) des sujets sous placebo ont continué de s'altérer au cours du temps.

Ces résultats qui ont paru dans Nature Medicine ce 1er juillet, devront être confirmés dans une étude à plus large échelle.