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Que ce projet de loi s'engage à ne pas trop mettre les citoyens français à contribution, on s'en doutait un peu, à huit mois de la présidentielle. Forcément, c'est donc le médicament qui s'apprête à trimer pour tenter d'éponger le déficit de la Sécurité social, avec en ligne de mire pour 2012, un objectif pour le moins ambitieux : réduire l'ardoise à 13,9 milliards d'euros contre 18,2 milliards en 2011. Baisses de prix Principale vache à lait dans le collimateur du gouvernement français, le médicament devra dégager à lui seul 770 millions d'euros d'économies. Quelque 200 médicaments devraient ainsi revoir leur prix à la baisse pour libérer 500 millions d'euros. Une vague de déremboursement permettrait de rapporter 165 millions d'euros. Tous les médicaments pris en charge à 35 % par la Sécurité sociale aujourd'hui devraient en effet voir leur taux de remboursement passer à 30 %. Ce taux s'appliquerait uniquement aux médicaments portant une vignette bleue, principalement destinés au traitement d'affections sans gravité. Enfin, le PLFSS entend également redonner un élan au taux de substitution des génériques, en relevant les objectifs à atteindre. Les grossistes-répartiteurs n'échappent pas non plus à ces mesures d'économies et devront eux aussi contribuer à renflouer les caisses en diminuant leur marge. Quant à l'industrie pharmaceutique, elle devra dorénavant s'acquitter d'une taxe de 1,6 % sur son chiffre d'affaires afin de financer la formation médicale continue des médecins. Nouvelle rémunération En bout de chaîne, l'officine souffrira elle aussi de ces différentes ponctions sur le poste médicament. Selon les syndicats des représentants officinaux, ce PLFSS entrainera au moins 150 millions d'euros de perte sur les marges. Les baisses de prix et la marge rabotée des grossistes-répartiteurs ne feront encore que renforcer davantage la pression sur les prix et les volumes.