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Après 9 années de distribution des kits iFOBT (immunologic Fecal Ocult Blood Test) par les médecins généralistes, il a été décidé en 2018 de les libérer de cette charge pour leur permettre de se concentrer sur leur mission d'information, de sensibilisation et de suivi. Le nouveau système d'approvisionnement est testé dans les 500 pharmacies bruxelloises. Il s'agit toujours d'un projet pilote qui sera évalué après deux années de fonctionnement. Le principe n'a pas changé : tout Bruxellois âgé de 50-74 ans reçoit tous les 2 ans une invitation personnelle (sauf antécédents de cancer, colostomie, coloscopie). Cette invitation est échangeable contre un kit iFOBT gratuit dans une pharmacie. Le test doit être renvoyé par la poste au laboratoire qui communique les résultats aux personnes et à leurs médecins traitants. Ce projet, financé par la Cocof, la Cocom et la VGC, est coordonné par Brumammo et l'UPB-AVB. " Il est difficile de mesurer le nombre de tests distribués parce qu'il y a encore des problèmes au niveau de l'encodage des CNK et de la récolte des statistiques. Par contre, les chiffres des tests réalisés au laboratoire sont précis : au 31 décembre 2019, 13.1781 tests ont été réalisés. En comparaison, en 2017, quand c'était les médecins qui le distribuaient, il n'y en a eu que 8.847 ", précise Stefaan Timperman, pharmacien coordinateur de l'UPB (Union professionnelle des pharmaciens de Bruxelles). Les premiers résultats de ce projet semblent donc plutôt bons mais l'UPB aimerait voir le rôle des pharmaciens dans la sensibilisation active des patients encore mieux reconnu. " Pour l'instant, il ne peut pas délivrer ce test de sa propre initiative. C'est pourquoi nous insistons pour que le pharmacien puisse le proposer au patient qui rentre dans les critères. Cette démarche est en cours. Avant, le test était distribué en consultation par les médecins généralistes. Ils n'étaient pas opposés au fait que ce soit les pharmaciens qui le délivrent mais ils voulaient pouvoir continuer à le prescrire aux patients qui en auraient besoin ". Le kit iFOBT est donc distribué en pharmacie sur présentation de l'invitation envoyée par Brumammo ou sur prescription d'un MG. Permettre sa délivrance directe par les pharmaciens résoudrait certains problèmes rencontrés sur le terrain tels que le taux élevé de déménagements dans la capitale ou encore les boîtes aux lettres défaillantes. " Nous ne sommes en effet pas certain que chaque patient reçoit bien la lettre de Brummamo ", indique-t-il. Autre souci, le manque de notoriété de Brumammo : " Il faut une campagne médiatique vers le grand public, les gens ne connaissent pas bien Brummamo, nous ne sommes donc pas sûr que quand ils reçoivent l'invitation, ils font confiance au contenu et qu'ils savent quoi faire ". Pour Stefaan Timperman, toutes ces raisons font qu'il est important que le pharmacien puisse sensibiliser activement les patients. C'est pourquoi il plaide aussi pour le partage des données de santé qui permettrait de mieux connaître les profils de risque. Quoiqu'il en soit, pour l'UPB, l'objectif est de poursuivre ce projet sur la longueur avec Brummamo : " Tout le monde est très content parce que le nombre de tests effectués a augmenté. Mis à part le problème d'encodage du CNK, tout le système fonctionne bien du point de vue logistique ", se réjouit-il. Cependant, crise du coronavirus oblige, Brumammo a décidé de ne plus envoyer de lettre d'invitation aux patients pour l'instant. Néanmoins, ceux qui font le test peuvent toujours l'envoyer au laboratoire, les analyses sont assurées. Un autre projet mis au frigo suite à la pandémie du coronavirus, c'est celui concernant le dépistage du diabète dans les pharmacies bruxelloises. Coordonné par l'UCLouvain, l'ULB et la VUB, il était prévu pour débuter en mai. " On n'a pas laissé tomber le projet mais il est interrompu. Nous n'avons pas encore fixé une autre date. Pour l'instant, les pharmaciens ont d'autres priorités : informer correctement les patients, écouter les inquiétudes et assurer les traitements chroniques. A Bruxelles, il y a beaucoup de familles monoparentales et de solitude parmi le public plus âgé ", conclut Stefaan Timperman.