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Entre 25 et 40 % de la population souffrent de troubles gastriques. Les symptômes vont de la simple sensation de brûlure (pyrosis) - accompagnée ou non de renvois et de régurgitations acides -, à des douleurs au creux de l'estomac en passant par des nausées et vomissements. Des symptômes ORL (toux, irritation de la gorge, asthme et bronchite) et des douleurs qui font penser à de l'angine de poitrine peuvent également se manifester. On utilise également le terme de " reflux gastro-oesophagien " chez les patients qui souffrent de pyrosis. Mesures hygiéno-diététiques De nombreux aliments sont accusés à tort ou à raison d'être responsables de symptômes gastriques désagréables. Or beaucoup de recommandations ne sont absolument pas justifiées. Par exemple, on conseillait auparavant une alimentation principalement ovolactée qui, en prônant l'exclusion de fruits et légumes frais, entraînait des déséquilibres alimentaires. Actuellement, pour déconseiller un aliment, on se repose sur ses effets au niveau de la physiologie oesogastrique, telle son action sur le sphincter inférieur de l'£sophage (SIO) ou sur la vidange gastrique. Influence des IPP sur les nutriments Chefs de file dans le traitement des troubles gastriques (problèmes de reflux, irritations et ulcérations des muqueuses gastriques et oesophagiennes), les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) sont largement utilisés, étant donné leur réelle efficacité pour supprimer l'acidité gastrique, leur faible degré de toxicité et leur bonne tolérance. Cependant, en modifiant le pH gastrique, il faut garder à l'esprit que certains changements peuvent survenir au niveau de la pharmacocinétique et de l'absorption de certains nutriments. Le calcium Lors de ces dernières années, plusieurs études ont examiné l'influence des IPP sur le risque de fracture de la hanche. La suppression d'acidité pourrait induire une diminution de l'absorption du calcium, augmentant ainsi le risque d'ostéoporose, surtout chez la femme âgée dont les apports calciques sont faibles. De plus, les IPP pourraient également diminuer la résorption osseuse en inhibant la pompe H+/K+/ATPase au niveau des ostéoclastes. Certaines études font état d'une faible augmentation du risque de fractures liée à la prise d'IPP et en relation avec la durée du traitement, alors que d'autres n'observent ni augmentation de ce risque, ni modification de la densité osseuse. Le Fer Dans l'état actuel des connaissances, il est généralement admis que la résorption du fer est favorisée par l'acidité gastrique. La fréquence des anémies liées à l'hypochlorhydrie secondaire et à une gastrectomie le confirme. Cependant, les études sont contradictoires à propos de l'influence des IPP sur l'absorption du fer. Le pharmacien recommandera donc des contrôles sanguins réguliers en cas d'utilisation de ces médicaments à long terme. De même, une attention toute particulière sera de mise en cas d'anémie ferriprive, lente à se corriger en présence d'IPP. La vitamine B12 Ici aussi, une suspicion existe quant à une baisse de vitamine B12 liée à la prise d'IPP. Cependant, les diminutions qui ont été objectivées sont légères et sans conséquences au niveau d'éventuelles complications hématologiques ou neurologiques. On recommandera donc également des contrôles sanguins réguliers chez les utilisateurs à long terme d'IPP.