...

Toute lésion tissulaire induit une succession d'évènements cellulaires et humoraux aboutissant à la formation d'une cicatrice. Directement après le traumatisme cutané, l'hémostase se met en route afin de contrôler l'hémorragie locale. En secrétant des éléments impliqués dans la cascade de la coagulation, la fibrine secrétée sous l'influence des plaquettes s'y agglutinera pour former un tampon hémostatique. A ce stade sont secrétés certains facteurs de croissance et cytokines ayant un rôle bien défini dans la suite des évènements. Prise en charge des plaies Depuis les travaux de Winter au cours des années 1960, il est admis que la cicatrisation en milieu humide présente un intérêt dans la durée d'épithélialisation, améliore le débridement, accroît l'angiogenèse, limite la douleur et la colonisation bactérienne. Chaque plaie peut être traitée selon son type, sa dimension, son niveau d'exsudation et son stade d'évolution (détersion, bourgeonnement, épidermisation). Les produits à base d' hydrocolloïdes forment un gel au contact des plaies exsudatives qui assurera un milieu chaud et humide ainsi qu'un ph favorable à la cicatrisation. Les hydrogels conviennent particulièrement à la détersion. Disponibles sous forme de plaque ou de gel, ils doivent être recouverts d'un pansement secondaire (film pansement en polyuréthane). Les alginates, dérivés d'algues brunes permettent absorption et hémostase des plaies suintantes. Les hydrocellulaires constitués de mousse permettent une bonne absorption des exsudats. Intérêt pour les facteurs de croissance Ces protéines mitogènes et chimiotactiques participent à diverses actions physiologiques permettant la régulation des étapes de la cicatrisation. Ces facteurs ont une action angiogénique, participent à la différenciation des fibroblastes, de la matrice extracellulaire... Au départ des macrophages, cellules endothéliales, fibroblastes et plaquettes, sont synthétisés le Platelet Derived Growth Factor, le Transforming Growth Factor béta, l' Epidermal Growth Factor, l' Insulin Like Growth Factor, le Fibroblast Growth Factor. Dans les plaies chroniques, la synthèse d'enzymes - appelées protéinases - détruisant les facteurs de croissance est nettement plus développée en cas de plaies aiguës. L'utilisation locale ou systémique de ces facteurs de croissances pourrait donc représenter une voie d'avenir pour la prise en charge des plaies ne cicatrisant pas. Des recherches sont en cours afin de développer la solution idéale (non toxique, bonne pénétration, application simple n'interagissant pas avec les pansements, coût modéré,...). L'inactivation des protéinases suscite également l'intérêt des chercheurs. Cicatrisation par pression négative Cette méthode de cicatrisation non invasive utilise une pression négative appliquée au travers de la plaie grâce à une mousse spongieuse. Le vide ainsi créé permettrait une meilleure circulation périphérique, une diminution de l'£dème tissulaire et de la colonisation bactérienne, ainsi qu'un meilleur drainage de l'exsudat. La cicatrisation serait également améliorée par la formation rapide du tissu de granulation. Le succès de la méthode repose sur la taille et la densité de la mousse, sur le type de pompe utilisée pour apporter la pression négative, ainsi que sur les durées d'application de ces deux paramètres. Si cette méthode s'avère efficace sur certaines plaies (post-traumatiques, brûlures, escarres, ulcères, greffes, lésions infectées...), des complications (allergie, douleur suite à application de fortes pressions négatives) et contre-indications (lésions cancéreuses, plaque nécrosique, fistules sur plaies abdominales,...) existent. Le coût de cette technique n'en permet pas une utilisation systématique. Elle serait plutôt réservée à des plaies ne cicatrisant pas en première intention. La durée du traitement demande encore des investigations car si celui-ci est arrêté de façon prématurée, la qualité du tissu de granulation peut régresser, entravant la réussite de cette technologie. Substituts cutanés et culture de peau L'utilisation de supports biocompatibles favorisant l'activité des cellules de la peau ainsi que l'emploi d'équivalents dermiques ou épidermiques vivants, présentent un intérêt dans la prise en charge des brûlures et de certains ulcères. Des pansements à base de collagène permettent de stimuler les macrophages et la prolifération des kératinocytes, ceux à base d'acide hyaluronique favorisent également la cicatrisation. Les cellules souches mésenchymateuses, de par leur apport en facteurs de croissance, constituent une voie d'avenir pour la prise en charge chirurgicale des lésions d'irradiation. Ces méthodes représentent un coût ne permettant pas encore une utilisation en routine.