Les personnes qui ne pratiquent pas régulièrement d'activité physique ont généralement une fréquence cardiaque au repos (FCR) plus élevée et l'on sait que les fréquences élevées au repos sont un facteur de risque d'insuffisance cardiaque, a expliqué le Pr Sanjay Sharma (University of Londonien, GB) à l'occasion du congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) qui s'est tenu à Paris du 30 août au 4 septembre 2019.

Une vaste étude portant sur 1.008.485 jeune Suédois montre une association positive entre FCR et le développement d'une cardiomyopathie dilatée au cours du suivi de 34 ans. Cette étude confirme qu'une FCR plus lente est bénéfique, c'est l'une des améliorations que l'exercice régulier peut apporter.

L'ESC recommande un minimum de 30 minutes d'activité physique d'intensité modérée, 5 fois/semaine, mais elle précise qu'en doublant cette quantité les bénéfices se multiplient. "En fait, l'idéal serait d'avoir un niveau d'activité physique 5 fois supérieur au niveau actuellement recommandé, mais il faut insister sur le fait que tout exercice est meilleur que rien et que de 'simples' exercices gratuits tels que des promenades rapides dans un parc peuvent contribuer à améliorer la santé cardiovasculaire", précise-t-il.

L'exercice est-il bénéfique pour les personnes ayant déjà une maladie cardiovasculaire (MCV)? Oui, démontre une étude réalisée en Corée du Sud sur 441.798 personne atteintes ou non de MCV. Après environ 6 années de suivi, celles souffrant d'une MCV semblaient bénéficier davantage de l'activité physique: chaque augmentation de 500 équivalents métaboliques (MET)-minutes/semaine entraînait une réduction de 14% de la mortalité (vs - 7% chez les sujets sains).

"Les bénéfices de l'exercice sont indépendants de l'âge, du sexe, de la race et de la plupart des comorbidités: il n'est donc jamais trop tard pour commencer", conclut le Pr Sharma.