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Les patients perdus dans l'offre pléthorique des dispositifs d'aide médicale peuvent bien sûr se tourner vers leur pharmacien de quartier. Un précieux conseiller auquel ne pensent pourtant pas toujours les patients et leurs aides-soignants. Comment le pharmacien pourrait-il devenir un maillon plus central dans ce domaine ? " Avant de nous lancer dans des soins à domicile plus complexes, nous rendons toujours une visite au patient ou à son aide-soignant, qui permet à l'infirmier en chef ou à son adjoint d'évaluer correctement la situation ", répond Jan Meskens de la Croix Jaune. " Nous examinons très concrètement l'environnement du patient, ses besoins en soins, ses ressources financières pour installer des équipements spécifiques,... Plus cette préparation en amont est fine, meilleure en sera sa mise en pratique. Une telle préparation est importante pour que le patient puisse trouver tous les dispositifs d'aide nécessaire dès son retour à la maison. Pour le plus gros équipement - les lits adaptés, les sièges de toilette, les cadres de marche ou les monte-malades -, on fait souvent appel aux magasins des mutuelles. La pharmacie offre également ce type de dispositifs, ce que beaucoup de gens ignorent. Pour certains patients, c'est pourtant plus pratique parce qu'ils connaissent bien leur pharmacien, que ce dernier leur fournit déjà leur traitement quotidien, ou encore parce que la pharmacie n'exige pas de grands déplacements. Les infirmières à domicile ne sont pas toujours bien au courant des tarifs des appareils et des dispositifs d'aide médicale proposés par le pharmacien. Elles ne peuvent donc pas bien informer le patient à ce sujet. On peut donc encore s'améliorer à ce niveau. "MutualitéLes patients associent encore souvent 'soins à domicile' et 'mutualité'. Mais de nombreux patients sortent de l'hôpital le vendredi, à un moment où les mutuelles sont fermées. " Dans ces moments, tout comme le samedi, les pharmaciens deviennent le seul endroit où les personnes peuvent louer ou acheter les dispositifs nécessaires. Certains pharmaciens répondent d'ailleurs très bien à cette demande, en donnant des conseils adaptés ou même en allant eux-mêmes installer le dispositif au domicile du patient. Plusieurs pharmaciens offrent déjà un service assez pointu, notamment pour les patients stomisés. Les personnes qui ont droit à un remboursement vont chercher leur matériel essentiellement en pharmacie. Ils doivent toujours faire une demande spéciale de remboursement, qui passe souvent par le pharmacien. Au niveau du traitement, le service presté par le pharmacien va également plus loin. Certaines officines proposent ainsi de préparer des colis fixes comprenant les médicaments de la semaine. Tous les comprimés sont ainsi classés par jour de prise, ce qui s'avère particulièrement pratique tant pour le patient que pour l'infirmière à domicile et offre une bonne garantie contre les oublis. Ce n'est actuellement possible que pour les patients qui conservent un même schéma médicamenteux. Le fait que les pharmaciens s'intègrent dans le traitement est particulièrement stimulant pour les patients et les infirmières. "Service de prêt Différents départements de la Croix Jaune disposent d'un service de prêt pour les dispositifs d'aide médicale courants comme les plaques-tournantes, les coussins de posture, les coussins spéciaux pour la prévention des escarres et les couvertures. " Nous travaillons en collaboration avec la MC. Les patients qui le désirent peuvent tester ces objets pendant une petite semaine. C'est évidemment idéal. Dans la pratique, nous remarquons en effet que les patients ne sont pas tout de suite convaincus par des dispositifs conseillés par leur infirmière à domicile. Il peut s'agir de supprimer les matelas pour éviter les chutes, d'installer des lits élévateurs ou de recommander l'utilisation d'un rééducateur ambulatoire ou d'une chaise-roulante. Cela prend parfois du temps et nous avons beau donner des conseils, au final, c'est toujours le patient qui a le dernier mot. Souvent, leur position change automatiquement quand ils peuvent tester ces dispositifs. Ils constatent alors qu'ils parviennent à mieux se déplacer et que cela améliore leur confort. Ils sont alors prêts à investir. Ici aussi, médecins et pharmaciens peuvent aussi se positionner comme de vrais partenaires de soins. Quand le patient reçoit un conseil similaire de différents prestataires de soins, il y a de plus fortes chances qu'il prenne cet avis à c£ur. L'objectif reste de permettre au patient et à l'aide-soignant de fonctionner aussi indépendamment que possible. "Capteurs intelligents et boîtes de médicaments Et pour faciliter précisément cette indépendance, plusieurs études et projets pilotes testent de nouvelles technologies dans la pratique quotidienne. " Le mois prochain, nous travaillerons sur un projet portant sur les capteurs intelligents au domicile du patient. Ces capteurs détectent en permanence la fumée, la chaleur, le CO2, les chutes ou les déambulations nocturnes du patient. Ces deux derniers problèmes sont identifiés au moyen d'un capteur placé sur la tête du lit et sur les poignées de porte. Quand le patient quitte son lit ou sa maison et qu'il n'est par exemple pas de retour après trente minutes, une alarme se déclenche et un signal d'alerte est envoyé à la centrale de la Croix Blanche-Jaune. On essaye alors de contacter le patient. Si ce dernier ne répond pas, on prévient aussitôt l'aide-soignant ou un collaborateur de la Croix Blanche-Jaune qui se rend sur place. Ce système permet de rassurer tant le patient que son aide-soignant. Il donne également une image plus précise du comportement des patients soupçonnés par exemple de démence. On peut aussi surveiller les habitudes alimentaires de cette manière. En posant des capteurs intelligents sur la cafetière ou le frigo, les prestataires de soins peuvent vérifier à distance si leurs patients mangent correctement tous les jours. "