REDUCE-IT a randomisé 8179 patients vers un bras acide eicosapentaénoïque (EPA) 2g x 2/j 4 g/j ou un bras placebo et à l'issue d'un suivi médian de 4,9 ans, il a été constaté dans le bras actif une réduction absolue de 4,8% de la survenue d'un des événements du critère principal d'évaluation (décès cardio-vasculaire, infarctus et AVC non mortels, revascularisation coronaire et hospitalisation pour angor instable), soit une incidence de 17,2% versus 22,0% dans le bras placebo (HR 0,75 ; IC 95% 0,68-0,83 ; p<0,001).

Dans cet essai, 58% des patients étaient diabétiques et chez eux le HR était de 0,7 versus 0,8 chez les non diabétiques.

Ces résultats sont basés sur la prise en compte d'une première occurrence des différents composants du critère principal. Ces premiers événements représentent 55 % de l'ensemble des événements enregistrés au cours de l'étude, ce qui veut dire que les récidives constituent 45 % du total des accidents documentés.

L'analyse sériée portant sur l'ensemble des événements indique une persistance de l'effet protecteur de l'EPA (HR 0,75 pour le premier événement, 0,68 pour un deuxième 0,69 pour un troisième et 0,52 pour un quatrième et plus), ce qui fait que, finalement, on parvient à une réduction globale de 30 % de l'ensemble des évènements survenus (HR 0,70 ; IC 95% 0,68-0,83 ; p<0,0001). A noter qu'il est observé un bénéfice plus marqué chez les sujets ayant des triglycérides initialement plus élevés, ce qui est le cas des diabétiques.

Cette nouvelle analyse qui conforte et renforce les données initiales ne manquera certainement pas de relancer la question du statut des triglycérides comme facteur de risque cardio-vasculaire. Redonnera-t-elle aussi vigueur aux omégas 3, notamment chez les diabétiques ?

D'après la communication de Deepak L Bhatt, ACC 2019, New Orleans 16-18 mars.