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Les bonnes idées ne manquaient pas. Peut-être même est-on passé à quelques encablures d'une perle. Jugez plutôt : chargée de réaliser un grand film patriotique, une équipe cinématographique erre à travers Stalingrad, à la recherche du plan qui fera jubiler Tonton Staline. Parmi les hommes du 7e art, un fils à papa planqué et incompétent, accompagné d'un génie ramené discrètement du goulag. Et de la vodka, beaucoup de vodka. Un cocktail détonant, admirablement servi par un dessin laissant toute latitude au fusain. Les traits sont sales, les visages burinés, le paysage apocalyptique, l'ennemi partout et invisible. On en salive d'avance... Avant de déchanter. Les tentatives de rythmer les cases sont là, mais ne parviennent pas à ôter l'ennui. L'histoire patine. La dernière page tournée, on se croirait à la fin d'une longue introduction.