Le "chemsex" (chemicals et sex) désigne "les rapports sexuels entre hommes sous l'influence de drogues prises avant et/ou pendant ceux-ci", précise l'Observatoire du sida et des sexualités. Cette pratique est fortement assimilée au milieu gay, aux bisexuels et aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Elle implique des produits de synthèse (GHB/GBL, kétamine, 3MMC-4MEC...), aux effets hallucinogènes, psychostimulants, surtout empathogènes et entactogènes. Les usagers les combinent avec d'autres drogues en fonction d'une temporalité particulière: rapport sexuel, détente, discussion, consommation, rapport sexuel...

Ce développement récent n'est pas sans inquiéter les professionnels en raison de l'apparition de consommation par injection (slam) dans des réseaux et chez des profils d'individus chez qui elle était rare, de la circulation de certains produits (crystal meth, méphédrone...) en lien avec des pratiques sexuelles intenses, de la réorganisation des rencontres sexuelles par l'intermédiaire d'applications géolocalisées et de l'augmentation de problèmes de santé (infections sexuellement transmissibles), de santé mentale (dépression, désocialisation) et de dépendances sévères voire d'overdoses et de suicides.

D'où l'idée de créer un site chemsex.be où l'on trouve l'explication du phénomène, des différents types de drogues, des combinaisons et de leurs effets, des moyens de réduction des risques, des adresses de dépistage et de soins... Financé par la Commission communautaire française (Cocof), il est le fruit d'une collaboration entre l'Observatoire du sida et des sexualités et Ex Aequo. S'il s'adresse avant tout aux usagers, en Belgique francophone, qui souhaitent faire le point sur leur consommation et trouver de l'aide, il vise aussi les professionnels.