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Aux Etats-Unis, l'analyse d'un échantillon de messages anti-vaccination Covid-19 qui ont été partagés ou publiés sur Facebook et Twitter 812.000 fois au total entre le 1er février et le 16 mars 2021 montre que 65% d'entre eux sont attribuables à une douzaine d'Américians anti-vaxs, véritables chantres de la désinformation. Ce travail est le fait d'une ONG, le Center for Countering Digital Hate (CCDH), qui recommande de supprimer les comptes les plus nuisibles et d'envoyer des écrans d'avertissement aux utilisateurs qui tentent de suivre des liens vers des sites connus pour héberger des informations erronées sur les vaccins. " Facebook ne devrait pas autoriser les groupes anti-vaccins privés et secrets, dans lesquels des informations dangereuses peuvent être diffusées en toute impunité ", conclut l'ONG. (1) Une étude menée par le CSA français en novembre 2020 a montré que "les comptes Twitter connus pour partager de fausses informations font jeu égal, en termes de ReTweets, avec les comptes fiables (alors qu'ils ont moins d'abonnés). Les abonnés des comptes non fiables ont en effet une propension beaucoup plus élevée à contribuer à la transmission des informations diffusées sur ces comptes que les abonnés des comptes fiables, avec un nombre de ReTweets par abonnés 10 à 20 fois plus élevé". (2) En 2019, l'OMS identifiait déjà la méfiance envers les vaccins comme l'une des dix menaces pesant sur la santé mondiale. Ce problème s'est amplifié avec la vaccination anti-covid qui charrie un flux ininterrompu de fakenews qu'il est extrêmement compliqué de contrer. L'OMS et beaucoup d'autres experts proposent des stratégies et donnent des conseils pour 'débunker', démystifier, ces fausses infos. (3) "On est imprudent avec les vaccins contre le SRAS-CoV2, je ne veux pas servir de cobaye", est sans doute l'une de ces fausses idées que l'on a le plus entendues. Ce à quoi le Pr Pierre Smeesters (Huderf) répond que "le système de la vaccination est extrêmement bien contrôlé et la prise de risque est minimale. Parfois, j'aimerais que l'on soit un tout petit peu plus aventureux dans les décisions de prévention or, il y a vraiment une sécurité extrême. Ce qui est paradoxal par rapport à la principale peur du grand public qui est de subir des effets secondaires, qu'on nous cache des choses, qu'il y'a un aspect délétère... Bien sûr rien de ce que l'on fait en médecine n'est parfait mais on est globalement dans un niveau de prudence, de qualité et de contrôle au niveau international absolument exceptionnel. Cela doit être redit". Une autre peur très répandue à propos des vaccins en général est celle des adjuvants et notamment de l'aluminium. "Premier point: il y a de l'aluminium partout, dans l'air que nous respirons, dans l'eau que nous buvons et dans les aliments que nous mangeons. Ensuite, la quantité d'aluminium contenue dans les vaccins est faible. Par exemple, selon l'ECDC, au cours des 6 premiers mois de leur vie, les bébés reçoivent environ 4mg d'aluminium s'ils ont tous les vaccins recommandés. Toutefois, au cours de cette même période, ils ingèrent environ 10mg d'aluminium s'ils sont nourris au sein, 40mg s'ils prennent une préparation pour nourrissons ordinaire et jusqu'à 120mg s'il s'agit d'une préparation pour nourrissons à base de soja". (4) "Ce serait bien d'être moins exposés à l'aluminium, mais ce n'est pas du tout en agissant sur la vaccination qu'on aura un impact. Pour certains vaccins, sans aluminium, on n'obtient pas la même immunogénicité. Il faut être un peu raisonnable par rapport à la toxicologie: les métaux lourds et les particules fines m'inquiètent beaucoup plus, traverser une grande ville en voiture est probablement infiniment plus toxique que d'avoir une vaccination, qui certes contient de l'aluminium mais dans des quantités qui sont infiniment moindres", conclut-il. Ceci dit, pour les vaccins contre le Covid-19, ni ceux à ARNm (Pfizer, Moderna) ni ceux à vecteur viral (AstraZeneca, Johnson&Johnson) ne contiennent d'adjuvants et donc pas d'aluminium.