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"Je suis originaire de Zoersel [en province d'Anvers, NdT], mais mon mari pharmacien est hasseltois. Nous nous sommes rencontrés à Louvain." Détail amusant, sa soeur et son beau-frère ont également une officine dans le district anversois de Deurne, tandis que Katleen De Vel a sa pharmacie à Herk-la-Ville, dans le Limbourg. "En tant que titulaire, je prends plaisir à l'aspect social et très varié de mon métier. Je me charge notamment de gérer les pages de l'officine sur les réseaux sociaux." Après ses longues journées de travail, elle a toutefois besoin de passer du temps à l'air libre et de gratter la terre. "Enfant, je faisais de l'équitation et j'ai toujours rêvé d'une maison avec jardin, qui me permettrait d'être dehors après le boulot. À cette période de l'année, il fait souvent déjà noir quand je rentre, évidemment... mais en été, il n'est pas rare que je travaille au jardin ou dans la serre jusqu'à dix heures du soir." "Au-delà de ma passion des fleurs et des plantes, j'ai toujours été une entrepreneuse dans l'âme et l'envie de lancer mon propre projet me démangeait. Ma collection de fleurs s'est tellement développée au fil du temps que j'aimerais en faire mon activité complémentaire." Dans cet esprit, la pharmacienne a déjà suivi un cours d'agriculture urbaine et elle vient d'entamer en septembre une formation de fleuriste. La durabilité aussi lui tient beaucoup à coeur. "Cultiver des fleurs dans des pays en développement, les faire venir jusqu'ici en avion et les vendre à la criée, ce n'est vraiment pas l'idéal, pour ne rien dire encore du recours aux pesticides! Quand on voit ce que coûtent les fleurs coupées, de nos jours... Les gens commencent à prendre conscience qu'il faut repenser notre rapport à la planète. J'ai été choquée, au cours de ma formation, en apprenant qu'un tiers de nos fruits et légumes sont purement et simplement jetés. Une prise de conscience comparable commence à faire son chemin chez les fleuristes, et certains ont déjà noué des collaborations avec des jardins en libre cueillette locaux." Si les fleurs n'occupent encore qu'une fraction de son jardin, le potager a déjà dû céder la place à cette collection qui ne cesse de grandir. La serre, elle, abrite toute une série de plantes et de fleurs semées en godets. "Cela permet d'obtenir une meilleure productivité, parce qu'elles sont plus résistantes lorsqu'on les installe en pleine terre. Pour l'instant, c'est un peu la pagaille dans mon jardin fleuri. On dirait une jungle!" Cela dit, pas besoin de s'y connaître pour voir que cette jungle-là offre une véritable explosion de couleurs, avec ses cosmos, ses dahlias, ses asters d'automne et ses chrysanthèmes qui préparent leurs boutons entre les framboisiers, les herbes et épices et l'unique petit pommier. "Les plantes aromatiques ont un délicieux parfum et les feuilles des framboisiers ou du pommier apportent une jolie touche de verdure à mes bouquets. Il m'arrive même d'utiliser quelques branches de nos haies! Je puise souvent mon inspiration sur les comptes d'autres passionnés sur les réseaux sociaux." Combien de variétés a-t-elle dans son jardin? "Il doit bien y en avoir plus d'une cinquantaine. J'aime particulièrement les dahlias, les glaïeuls et les lis, qui sont magnifiques lorsqu'ils sont en fleur... mais au fond, chaque mois a un peu ses stars, tout l'art étant de créer un jardin fleuri tout au long de l'année. L'été venu, tout suivre de près prend un temps monstre, ce qui n'est pas toujours évident en plus de mon travail à l'officine." Son rêve serait de créer un vrai jardin en libre cueillette où elle pourrait aussi organiser des ateliers. "On m'a récemment proposé un terrain un peu plus loin, où je peux facilement me rendre à pied. C'est là que j'espère réaliser mon rêve dès l'été prochain." Hasselt possède déjà un jardin en libre cueillette, mais de l'autre côté de la ville. "Gand ou Louvain sont beaucoup plus avancées dans ce domaine. Quand on voit que les gagnants du championnat du monde de cyclisme sur route ont reçu des bouquets composés exclusivement de fleurs locales, c'est tout de même le signe que le secteur évolue lentement mais sûrement vers plus de durabilité." La pharmacienne et fleuriste en herbe a déjà trouvé un nom pour sa petite entreprise. "J'avais envie d'y intégrer mon nom de famille et c'est ainsi que j'ai eu l'idée de De Veldbloem [la fleur des champs, NdT]." Son logo représente une fleur de cosmos. "Les cosmos, au jardin, exigent beaucoup de travail! Moi, même si j'adore mon hobby et que je rêve d'en faire une activité complémentaire, je tiens à ce que cela reste avant tout une détente."